16. Jahrestreffen des Réseau franco-allemand Winterthur (CH),

 30. bis 31. Oktober 2009

Zusammenfassung des französischen Artikels von Philippe Callé (SFT und ASTTI):

Das Treffen begann traditionell mit einem Wiedersehensessen im Restaurant Wartmann in Winterthur in der Schweiz.

Die Arbeitssitzungen fanden am nächsten Tag in den Gebäuden des zeitgemäßen Instituts für Übersetzen und Dolmetschen der Zürcher Hochschule statt und wurden eröffnet von der Präsidentin der ASTTI, Nicole Carnal.

Es folgten verschiedene Workshops (Annelies Glander über Anglizismen im Deutschen und Französischen, Brigitte Reins über die Sprache der „Headhunter“ und Silvia Brügelmann über sprachliche Euphemismen) und Vorträge (Sabine Colombe über Kleinteile wie Scheiben, Muttern u. a., sowie Henri-Daniel Wibaut über die Schwierigkeit von Untertitelung von Filmen).

Wie jedes Jahr wurde das Treffen mit der Auswahl des nächsten „Austragungsortes“ geschlossen, der im Jahr 2010 auf Hamburg fiel. Im nächsten Jahr wird dies allerdings aufgrund kollidierender anderer Termine ein Wochenende früher als üblich, nämlich vom 22. bis 24. Oktober 2010, stattfinden.
(Natascha Dalügge-Momme)

À son habitude, la rencontre a débuté le vendredi soir, dans les salons de l’hôtel Wartmann, par un très chaleureux apéritif suivi d’un excellent dîner, destinés à permettre, l’un comme l’autre, de renouer les liens et prendre des nouvelles, sans omettre l’accueil de nouvelles têtes à qui nous souhaitons la bienvenue. Les travaux du lendemain se sont déroulés dans le cadre très helvético- fonctionnel des nouveaux bâtiments de l’Institut de Traduction et d’Interprétation, intégré à la Haute École zurichoise des Sciences appliquées, elle-même émigrée depuis quelques temps déjà à Winterthur, dans le droit fil de la politique réussie de diversification de sites et de la transformation de cette ancienne ville industrielle en un phare de la culture universitaire suisse.

Nicole Carnal, présidente «im Amt» de l’ASTTI, a ouvert le bal par une présentation rapide, à l’exhaustivité concise, de la ville de Winterthur et de son Université pour planter le décor, suivie de quelques informations pratiques et logistiques sur le déroulement de la journée. La parole est ensuite donnée à Annelies Glander (Université de Vienne, Autriche) pour le premier plat du menu, à savoir son «Workshop Mega Event Winterthur»sur la pollution des langues allemande et française par d’envahissantes expressions pseudo-anglo-saxonnes, dont les «natives speakers» se garderaient bien de revendiquer la paternité. Après une introduction humaniste et littéraire sur le thème de la dictature de l’usage (usus tyranus) et sur l’application intellectuellement plus discutable du principe «usus magister optimus est», il nous est présenté une longue liste de termes passés dans le langage courant ou encore proprement intraduisibles, tels que la célèbre «Gemütlichkeit» ou encore la «Weltanschauung». Le tout pour finir sur le travail mémoriel (Vergangenheitsbewältigung). La liste discutée sera mise dans le registre de documents de la liste RFA (compte Yahoo nécessaire pour l’accès) avec prière de communiquer toutes les propositions de complément ou d’amélioration d’ici au 30 novembre 2009.

Sabine Colombe (SFT) prend le relais pour nous ouvrir son magasin de quincaillerie ou plus précisément pour souligner l’importance économique et technique de toutes ces petites pièces auxquelles le commun des mortels ne prête guère attention. Et de mentionner que Hilti, Hilti, le champion toutes catégories du genre, réalise un chiffre d’affaires annuel de 3,6 milliards de CHF, tandis que Kerbkonus, un autre grand de la «petite pièce» pour le bâtiment, en vend tous les ans pour pas moins de 50 millions €. Il nous est également rappelé que pour satisfaire aux contraintes du «Kostenfaktor », du «Montageaufwand» et de la «Gewichtsoptimierung», le domaine de la fixation est progressivement passé de l’assemblage vissé ou boulonné à l’assemblage riveté puis maintenant collé ou clipsé pour assurer les fonctions de fixation, d’étanchéisation et de filtrage, essentiellement prioritaires sur la fonction purement décorative. Ces systèmes sont devenus si complexes qu’ils nécessitent très fréquemment, à l’exemple du clou à poudre (Profilblechnagel), des agréments techniques européens voire extra-européens, générant leur lot de paperasse bienvenu pour les traducteurs.

Sabine nous présente également dans le domaine un important ouvrage de référence (Nachschlagewerk) en matière de normes de pièces pour les constructions mécaniques: Klein – Einführung in die DIN-Normen, Martin Klein, Beuth Vlg, 14 édition refondue (modèle 1964 rectifié 2007), format C5, relié. 64,90 EUR TTC. ISBN 978-3- 410-16516-3. De la bonne lecture donc pour les longues soirées d’hiver pour ceux qui sont sensibles aux charmes poétiques de la Keilsicherungsscheibe (rondelle Nordlock), de la goupille béta (Federstecker) ou encore de la Fokkernadel (épingle de sûreté aéronautique, peu utilisée pour la fixation de langes et autres bandages).

Après une pause café bien méritée, Brigitte Reins (ATICOM) nous invite à réfléchir sur le language des chasseurs de têtes et autres (sergents) recruteurs. Il s’agit d’un choix de termes récurrents destiné à nous aider à traduire des petites annonces et des curriculum vitae, bien sûr avec toutes les réserves et précautions d’usage, compte tenu de la destination de ces documents. À notre époque merveilleuse où «l’être» a disparu pour faire place nette au «paraître », la liste proposée à nos réflexions constitue une nomenclature détaillée de toutes les qualités «incontournables » qui fleurissent obligatoirement dans toute annonce et sur tout CV. Nous avons donc jonglé du caractère affirmé (Überzeugungskraft) à la fibre sociale (Sozialkompetenz), en passant par la résistance au stress (Durchhaltevermögen) ou l’arme à double tranchant de la «Hohe Belastbarkeit» (tempérament à toute épreuve / disponibilité importante). L’ensemble de ces termes avec les propositions de traduction sera sûrement publié sur la liste, si bien qu’il n’y a pas lieu d’approfondir plus avant. Notons simplement qu’il a été rappelé, différences culturelles obligent, la nécessité d’utiliser certaines formules établies qui ne sont pas des traductions directes, par ex. Bewerbungsunterlagen = dossier de candidature ou encore Gehaltsvorstellungen = prétentions salariales.

Patrick Bergen et Walter Blaser du Fichier Français de Berne (FFB) prennent rapidement la parole avant le déjeuner (pardon, le dîner en territoire helvétique) pour proposer un quart d’heure avant la reprise des cours, une démonstration rapide des fonctionnalités du site du FFB, assortie de quelques astuces pour la recherche multilingue sur le site officiel de la Confédération (www.admin.ch). Pour afficher côte à côte, sur un même écran, deux (ou les trois) versions linguistiques d’un même texte de loi, ne pas oublier d’aller cocher dans l’onglet «Recueil systématique» la petite case très discrète, trop discrète «Affichage multilingue» en bas de page.

La parole est ensuite donnée à Henri-Daniel Wibaut (ZHAW), professeur à l’Institut de Winterthur(à 70%) et traducteur (à 120%), spécialisé dans un certain nombre de domaines tels que les fonds de placement et la biodiversité, mais surtout dans le sous-titrage.

Bien que nous fussions déjà bien rassasiés, notre éternelle faim de connaissances n’a pas été déçue par les développements sur le thème de «J’ai la dalle» et autres aléas de la traduction multimodale. La traduction audiovisuelle (TAV) doit prendre en compte des phénomènes très complexes aux multiples contraintes pour le passage de l’oral à l’écrit. Si la difficulté de l’exercice n’est pas significative pour le documentaire, qui se contente souvent de voix off, cela se corse nettement avec les interviews en direct.

Les éléments du message sont en effet nombreux si l’on considère que l’image présente à la fois des éléments picturaux et des éléments verbaux, tandis que le son affiche quant à lui des éléments acoustiques associés aux mêmes éléments verbaux. L’important est de bien peser la part d’information présentée. Or cette part est très variable et augmente progressivement lorsque l’on passe du film muet au reportage sportif puis au documentaire pour aboutir enfin au téléjournal ou au débat politique, les plus difficiles à soustitrer puisque la parole constitue alors le principal vecteur d’information.

Il faut ensuite prendre en compte la complémentarité de l’image et du son. L’image peut-elle se passer du texte? Le texte peut-il se passer de l’image? La projection d’un extrait du film «Tampopo » et d’une interview de l’artiste Pipilotti Rist ont illustré clairement ces dualités. Car cela a une incidence pour le traducteur sous-titreur: Le message textuel doit en effet être pondéré en fonction de la teneur informative de l’image et réaliser la synthèse entre ce que l’on entend, ce que l’on lit et ce que l’on voit.

Le sous-titrage est également une redoutable école de concision. La traduction audiovisuelle doit en effet souvent intégrer le paramètre supplémentaire du double transfert: transfert interlinguiste, transfert intralinguistique lors du passage de l’oral à l’écrit (pariation diamésique). Le sous-titre doit en effet être court, lisible, compréhensible, bien fragmenté pour en faciliter la lecture, grammaticalement correct, exposé un temps suffisant (entre 1 et 6 secondes), centré, synchronisé, corrélé (ce qui est écrit doit correspondre à ce qui est dit) et enfin discret.

Mais l’image est une arme à double tranchant et le texte peut prendre plusieurs couleurs. Songeons un instant à la difficulté des jeux de mots, par définition purement textuels. Il s’agit alors de leur trouver un équivalent, ou une compensation ou encore d’accepter purement et simplement une perte (projection pour exemple d’un extrait du film «Der Schweizermacher»). Lorsque le jeu de mot est audio-visuel, il présente un sens propre, illustré par l’image, et un sens figuré, illustré par le son (projection pour exemple d’un extrait de dessin animé «Tex Avery» et d’un extrait du film «Mission Cléopâtre » dans lequel se cachait la fameuse séquence du «J’ai la dalle»).

La difficulté résulte également souvent de la «colorisation» de la langue orale. Cette colorisation peut en effet être régionale (accent, dialecte), sociale (sociolecte, jargon), générationnelle (sociolecte générationnel) ou encore individuelle (idiolecte, défaut d’élocution). Toutes facettes qui ne peuvent être retranscrites que par le choix du dialecte de la zone de distribution, d’une compensation linguiste ou faire l’objet d’une perte, comme dans le cas du jeu de mots, car la mélodie de la phrase n’est pas transcriptible, sauf à recourir à une langue artificielle ponctuelle.

Le sous-titrage constitue donc une conciliation subtile entre le texte et l’image, un défi passionnant qui s’inscrit parfaitement dans une époque d’antagonisme marqué entre deux vecteurs d’information majeurs.

La pause café est mise à profit pour la visite rapide d’une salle de formation et d’entraînement au métier d’interprète, équipée comme il se doit des équipements du dernier cri en la matière.

Sylvia Brügelmann (CBTIP) nous propose enfin le dessert avec le résultat de ses recherches sur les euphémismes, sous le titre évocateur de la «Croissance négative». Vaste sujet, à notre époque verbeuse où plus personne n’ose appeler un chat un chat, mais dans laquelle il faut impérativement «communiquer» pour exister. Et comme il ne faut plus choquer personne, puisque nos concitoyens seraient facilement choquables, bien que déjà «sonnés» voire «anesthésiés » par une avalanche d’informations qu’ils sont bien incapables de digérer, l’euphémisme a ainsi été élevé au rang de science majeure. Nous sommes ainsi passés du «cogito ergo sum» de Descartes au «coïto ergo sum» des années 70, pour aboutir au «collevo ergo sum» du discours bien pensant contemporain.

D’où la floraison de termes attestant surtout de l’aptitude à orbiter autour de l’essentiel tout en lui tournant le dos, comme dans une centrifugeuse. Dans la longue liste recueillie par notre conférencière, citons quelques perles telles que la «croissance négative» qui annonçait la couleur ou le «bildungsfern » pour signifier que l’intéressé a du mal à accéder à la culture, montrant en passant que ce sport (de l’euphémisme) ne connaît pas de frontières. Certaines expressions proposées ne sont toutefois pas vraiment des euphémismes, même s’ils peuvent paraître comme tels pour le néophyte.

On peut ainsi penser que le terme «produits phytosanitaires» est destiné à faire oublier qu’il s’agit de pesticides, mais c’est surtout une appellation technique générique désignant plusieurs catégories de produits de traitement des cultures. De même, le «missile de croisière» n’est pas appelé ainsi pour faire fantasmer sur le catalogue de l’Armement Costa ou Royal Caribbean et faire oublier les éventuels dommages collatéraux, mais bien pour exprimer qu’il se déplace à vitesse subsonique selon une trajectoire complexe de suivi de terrain, mû par un moteur de «croisière», contrairement à son cousin, le missile balistique au comportement nettement moins erratique. Terminons tout de même sur une note d’humour pour rappeler que le «Facility Manager», pardon le «responsable des services techniques domotiques», n’est jamais que celui ou celle qui sait où se trouve le robinet d’arrêt pour tenter de limiter les conséquences d’une fuite d’eau.

Pour clore cette journée bien remplie, il ne restait plus qu’à évoquer la prochaine 17e Rencontre du RFA. L’organisation revenant cette fois à l’Allemagne, ce sont donc l’ATICOM et l’ADÜ Nord qui se voient confier la lourde tâche de la préparation de cette manifestation. La cité retenue est la belle ville hanséatique de Hambourg, ce qui va nous permettre de nous (re)mettre au Platt. La tenue au même endroit, les derniers jours d’octobre, d’un important Salon du Nautisme hypothèque toutefois sérieusement les possibilités d’hébergement.

Il nous a donc fallu fixer comme date les 22-23-24 octobre 2010, au grand désespoir des amateurs de week-end de Toussaint prolongés. Il nous est également rappelé que le prochain congrès de la FIT se tiendra à San Francisco, dans les premiers jours d’août 2011 (pour tous renseignements, consulter le site www.fit-ift.org). Philippe Callé info@pcalle.fr